Les stomies digestives

Elles représentent le nombre le plus important de dérivations (environ 100000).

Les pathologies les plus fréquentes qui conduisent à pratiquer cette intervention sont :

  • les cancers colo-rectaux (25 000 nouveaux cas chaque année, ils représentent 12 % de l’ensemble des cancers) ;
  • la rectocolite ulcéro-hémorragique : on ignore la cause de cette affection qui atteint la muqueuse intestinale.
  • la maladie de Crohn : processus inflammatoire qui atteint avec prédilection le grêle terminal (affection non maligne) ;
  • la polypose intestinale adénomateuse héréditaire : maladie génétique rare.

Le nombre de stomies définitives diminue au profit des anastomoses sous protection d’une stomie temporaire.

Les techniques chirurgicales ne sont pas du ressort de l’infirmière, mais la compréhension de ces réalisations est capitale pour une efficacité optimum des soins aux stomisés.

  • La colostomie est l’abouchement chirurgical du gros intestin à la peau de l’abdomen pour une dérivation des matières fécales. Elle peut être temporaire et/ou protéger une anastomose.
  • L’iléostomie est l’abouchement à l’abdomen de la partie terminale de l’intestin grêle, l’iléon. Elle peut être temporaire ou définitive.
  • L’iléostomie continente permet d’éviter au stomisé le port d’une poche.
  • L’anastomose iléo-anale n’est pas à proprement parler une stomie, mais elle est pratiquement toujours protégée par une iléostomie latérale temporaire.

Plus de 50 % des stomies digestives sont pratiquées en dehors de la pathologie cancéreuse ou inflammatoire classique. Elles sont réalisées dans le cadre de la chirurgie réglée ou dans des conditions difficiles, de type urgences. Elles imposent une prise en charge psychologique et technique importante. Rapidement, il s’agit :

  • Des stomies de mise au repos du tube digestif : abouchement unique, double ou multiple de l’intestin à la peau dans des situations graves. Leur suppression est envisagée dès que possible, en général entre un et trois mois après leur mise en place.
  • Des stomies de renutrition : elles permettent un apport alimentaire continu ou fractionné sous forme de nutriments ou d’aliments mixés.
  • Des stomies de drainage.

Soins et appareillages des stomies digestives

La confection d’une stomie digestive entraîne la perte de la continence, base de la vie sociale.

Il est donc nécessaire de trouver une solution qui permettre au stomisé de retrouver une vie sociale malgré ce handicap : l’utilisation d’appareillages fiables et adaptés le permet.

Mais il conviendra d’opérer le bon choix en fonction du type de stomie, de la localisation de la stomie, de la qualité de l’élimination, du degré d’autonomie du malade, de sa personnalité, de ses activités, du temps dont il dispose pour ses soins, de ses installations sanitaires...

Afin que le stomisé retrouve son autonomie, il devra apprendre à réaliser ses soins lui-même. Le début de cette phase d’apprentissage se situe aux alentours du septième jour après suppression des perfusions, mais cela dépend des personnes soignées, de leur état physique et psycho-émotionnel. L’apprentissage se décompose en quatre phases :

  • Observation des gestes de l’infirmière qui commente toutes les phases du soin qu’elle accomplit avec des mots simples.
  • Participation à une phase simple du soin : c’est le premier contact du stomisé avec sa stomie, il franchit ainsi une étape décisive dans l’acceptation de sa stomie.
  • Participation à l’ensemble des gestes avec l’aide de l’infirmière en cas de besoin.
  • Exécution seul, sous le contrôle de l’infirmière d’abord.